Les dessous des cartes de la messe noire de Kisantu

Les bonzes du Front commun pour le Changement, FCC, ont été en retraite à Kisantu depuis le mardi 23 novembre dernier, sorte de messe noire, dont les vraies conclusions pourraient ne jamais être connues du grand public.

Tout ce que l’on peut dire de prime à bord est que le FCC qui a perdu les élections du 30 décembre 2018 cherche bec et ongles comment reconquérir le pouvoir d’ici 2023 comme l’a si bien souligné son coordonnateur au début de cette cogitation : « la reconquête du pouvoir passe immédiatement par une remise en question visant à faire coïncider le mode de fonctionnement de notre plateforme avec les idéaux qu’elle défend de manière à limiter les effets pervers de la logique d’appareil afin de mieux saisir les attentes de nos populations ».

Pour les partisans du FCC qui ont toujours considéré l’arrivée de Félix Tshisekedi  à la tête de l’Etat comme un affront, il est plus que temps de revenir aux affaires : «  Bien que le FCC soit fortement impliqué dans la nouvelle dispensation politique, il paraît indiqué de faire l’autopsie de notre échec électoral à la présidentielle de 2018 dans un esprit constructif, afin de baliser le chemin vers une reconquête du pouvoir lors des prochains scrutins. A cet effet, il nous faudra bien évidemment mettre en relief nos faiblesses et nos atouts observés tout au long du processus électoral, avec pour souci une meilleure stratégie électorale », avait expliqué le coordonnateur de cette plateforme, Néhémie Mwilanya.

Le choix de Mbuela logde

Les cadres du FCC ont choisi le Kongo central ? tout précisément chez l’un des leurs en la personne d’Antoine Gonda Mangaribi, à Mbuela logde, est selon Néhémie Mwilanya un moyen de se rapprocher de la population : «  Il semble, en effet, que notre message sur notre bilan n’ait pas été suffisamment entendu avec le même retentissement dans les zones éloignées autant que dans des grands centres urbains. »

Qu’à cela ne tienne, cette rencontre que nul ne considère comme un moment de remise en question morale des sociétaires du Front Commun pour le Congo, passe avant tout comme une messe noire pour déstabiliser le régime de Félix Tshisekedi. Ce qui est vrai est que les participants ne sont pas partis pour l’expiation de leurs péchés, mais au contraire, pour préparer encore des jours plus sombres d’ici à 2023, réfléchir sur les moyens de restreindre le plus possible les chances de succès de Félix Tshisekedi.

En effet, toute la réflexion a tourné autour de cette problématique : comment fragiliser l’actuel Chef de l’état pour ne plus lui laisser une seule occasion de réussir son mandat, d’une part, mettre en pièce son mandat. Parmi les stratégies, c’est toutes provocations bien réfléchies contre l’UDPS jusqu’à 2023.

La plus grande crainte du FCC

La crainte de la dissolution par le chef de l’Etat du Parlement en cas de crise passe pour une scène d’apocalypse que le FCC cherche à éviter par toutes les issues possibles. C’est pourquoi l’on a retrouvé d’éminents juristes et autres stratèges de cette plateforme qui sont venus pour contrer une telle initiative, si jamais la menace d’une dissolution du parlement devenait immédiate.

C’est dire que la retraite de Kisantu sert de laboratoire pour d’éventuelles piques contre le pouvoir en place afin de lui couper le souffle. Facile à comprendre que cette retraite n’était rien d’autre qu’une réunion stratégique. 

Il faut noter que les frictions de la coalition FCC-CASH ont alerté les Kabilistes qui ont vite opter pour l’anticipation : « le FCC restera exigeant vis-à-vis de son partenaire quant à l’accomplissement de bonne foi, de sa part du contrat, instruit particulièrement par des actes devenus récurrents d’intolérance et de tentative d’atteinte à la lettre et à l’esprit des principes fondamentaux régissant la coalition. »

Empêcher à tout prix un succès de Fatshi

Tout saute aux yeux que la stratégie a comme cible Félix Tshisekedi : il ne sera nullement question de le laisser réussir son mandat, ce qui signifierait un arrêt de mort du FCC. Comment y arriver ? D’abord, commencer par fragiliser le régime le plus possible en multipliant des obstacles mais aussi en encourageant des crises réelles ou artificielles aux fins de compliquer son emprise sur l’appareil de l’Etat, de deux bloquer toute tentative de dissoudre le Parlement ? Tout est mis en œuvre pour baliser largement la voie afin que le FCC, sans cacher son intention d’aligner Joseph Kabila en 2023, récupère le pouvoir d’Etat.

Ainsi, le Congo entre dans une phase assez sombre qui nous réserve beaucoup des suspens d’ici à 2023 et demande plus de vigilance du côté du CASH, qui, n’a pas encore dit un mot sur son avenir politique et les enjeux de 2023.

Jacques Kalokola

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