Gratuité de l’éducation en RDC, une mesure soumise à rude épreuve

Les enseignants de quelques écoles conventionnées par le réseau catholique sont à nouveau rentrés dans le rapport de force avec le gouvernement de la République. En cause, l’incapacité de l’Exécutif d’honorer convenablement sa promesse sur les salaires des enseignants après avoir décrété la gratuité de l’éducation de base.

Pour la énième fois, ils ont menacé de monter en pression le mercredi 13 novembre 2019 à Kinshasa. Et, l’annonce de leur grève a forcé le gouvernement à convoquer une séance urgente de travail avec les syndicats regroupés dans une synergie en vue de parer au plus vite.

Alors que la revendication des enseignants commençait à gagner des structures de mouvements citoyens et qu’un nombre croissant d’enseignants appelaient à rejoindre la grève reconductible prévue à partir du 13 novembre dans certains établissements comme le lycée Motema Mpiko et le collège Boboto, l’exécutif a tenté de tenir sur une ligne de crête lui permettant de maintenir son ambition tout en évitant l’émergence de nouvelle jacquerie sociale.

En l’absence du ministre d’Etat en charge de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Willy Bakonga en mission, c’est le vice-ministre de l’EPST, Didier Budimbu, qui a osé tenir la dragée haute aux grévistes.

Didier Budimbu a réuni jeudi 14 novembre les partenaires intervenant dans le secteur, notamment l’Intersyndical de l’EPST, le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO), la Fédération nationale des enseignants et Educateurs sociaux du Congo, la Société civile ainsi que les syndicalistes de l’EPST.

Au cours de ces échanges avec ses interlocuteurs, le vice-ministre de l’EPST a rassuré ces partenaires que les revendications des enseignants dont la signature du protocole d’accord sanctionnant la fin des travaux de Bibwa, seront présentées au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ensemble avec le vice-ministre de l’EPST, les corporations conviées à la table de négociation ont lancé un appel à l’apaisement à l’endroit des enseignants, les appelant au sens de responsabilité face à une grève qui ne s’explique pas. Etant donné que le gouvernement de la République s’est engagé à améliorer les conditions sociales des enseignants.

Les acteurs de la société civile et les syndicalistes de l’EPST ont choisi, pour leur part, la voie du rejet en bloc du mouvement de grève décrété les enseignants du collège Boboto et du lycée Motema Mpiko pour non-respect de la procédure.

Des échos en provenance des écoles concernées, les enseignants ne l’entendent pas de cette oreille. Ils sollicitent des pouvoirs publics la convocation urgente d’une réunion tripartite pour discuter de leur enveloppe salariale qu’il voudrait voir multiplier par dix.

Toutefois, malgré la décision de la coordination des écoles conventionnées catholiques de suspendre la grève jusqu’à la fin du mois de novembre en attendant une suite favorable de l’Etat concernant leurs revendications, certaines écoles n’ont pas ouvert leurs portes vendredi 15 novembre. C’est le cas de l’école primaire Bosangani, Lycée Bosangani et Sacré Cœur.

Raymond Befonda

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