Sous-traitance : bras de fer engagé entre les Indo-pakistanais et les employés kinois

La ville-province de Kinshasa s’est réveillée mercredi 23 octobre 2019 sous les coups d’une paralysie partielle d’activités socio-économiques au centre-ville.

A la base du débrayage, la montée des tensions entre, notamment d’une part, les expatriés et d’autre part, les personnels et autres ouvriers congolais dont les revendications n’ont toujours pas été prises en compte.

Situation explosive

Les manifestants ont décrit, dans la foulée, une situation devenue plus explosive que jamais alors qu’en 2015 et 2017 déjà ces mêmes les bavures voulues par les émigrés blancs avaient défrayé la chronique. Dans ce cadre, un groupe de travailleurs congolais des magasins pavillonnaires tenus par des Indo-pakistanais a décidé de se rendre ce mercredi à l’Hôtel du Gouvernement pour rencontrer la ministre en charge du Travail, Nené Nkulu, en vue d’exiger d’elle de couper la poire en deux.

Salaires, pomme de discorde

Dans leurs escarcelles, toute la préoccupation liée à l’amélioration de leurs conditions de travail. Les travailleurs congolais n’ont cessé de réclamer à leurs employeurs la suppression de la sous-traitance, le respect des horaires de travail et un meilleur équilibre étrangers-congolais pendant les recrutements, a laissé entendre Pius, employé d’une boutique sur l’avenue du Commerce depuis 3 ans.

En route, ils sont tombés sur une barricade tendue par des éléments de la Police nationale congolaise qui les ont empêchés de battre le pavé sur le boulevard du 30 Juin.

Il en ressort que plusieurs revendications allaient être portées à la connaissance de l’actuelle ministre du Travail, notamment les questions sans suite concernant la mise en application du troisième palier du Salaire minimum interprofessionnel garanti, Smig, les prescrits du Code du travail restés lettre morte et qui exigent l’engagement des salariés après leurs prestations endéans trois ou six mois.

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En dépit de l’interposition policière sur le boulevard du 30 Juin, les magasins sont restés hermétiquement fermés jusqu’à la fin de la journée. Il sied de noter que plusieurs mouvements de grève ont été déclenchés par les Congolais employés dans les commerces des Libanais, Indiens, Chinois, Pakistanais et autres expatriés ces derniers mois à Kinshasa.

Raymond Befonda