Musique : Les Bantous de la capitale, 60 ans déjà !

Créé le 15 août 1959, le premier orchestre moderne du Congo Brazzaville vient de totaliser 6O ans d’existence et, à cet effet, un film long-métrage de 80 minutes vient d’être réalisé par la chaine Digital Radio-Télévision (DRTV), sous la supervision de Paul Sony Benga, initiateur et réalisateur du projet, intitulé : «Les Bantous de la capitale, 60 ans, anthologie de la musique congolaise». La présentation, projection et la mise en vente de ce film ont eu lieu le 12 août dernier au centre culturel et artistique des deux rives à Brazzaville.

Film biographique

Ce film retrace le parcours du seul survivant de l’aventure de la rumba congolaise des années d’avant et post indépendance, Edourd Nganga, dit « Edo Nganga », qui débuta sa carrière d’artiste musicien en 1954 avant de rejoindre le groupe Negro Jazz, créé une année avant l’indépendance du Congo Brazzaville, le 15 août 1959. Parmi les pionniers, on peut citer Nino Malapet, Célestin Nkouka, Saturnin Pandi, Jean-Serge Essous, qui n’ont, malheureusement pas résisté à la loi de la sélection naturelle plus longtemps.

Edo Nganga, le survivant des Bantous de la Capitale, recevant un prix

Fils unique de sa mère, Edo Nganga est marié et père de plusieurs enfants, auxquels il a pu accorder une attention particulière, et est resté très soucieux de sa progéniture jusqu’à ses 86 ans aujourd’hui, comme l’a si bien souligné l’un de ses fils présents à cette première, sans compter son épouse, qui n’a cessé de l’accompagner au-delà des intempéries dues à son rang d’artiste à succès : « C’est un homme multidimensionnel. Il a fait la fierté de la musique congolaise, art majeur au sein de notre société ».

Dans ce documentaire on peut suivre aussi des témoignages de ses congénères comme Michel Boibanda, des artistes des deux rives du fleuve Congo qui l’ont connu, et ceux qui lui ont succédé, des écrivains, des membres de sa famille. Tous ont fait des témoignages positifs sur celui que l’on considère désormais comme le patriarche de la musique du Congo Brazzaville, un homme généreux, un grand humoriste et très social.

Le secret de longévité d’une vieille légende

Se confiant à l’assistance qui est venue lui rendre cet hommage de son vivant, ce passionné de l’art d’Orphée qui a fait vibrer et continue de faire vibrer les congolais par ses mélodies soyeuses a livré à cœur joie le secret de sa longévité : avoir de la discipline et entretenir des bons rapports avec son entourage ; une alimentation saine associée à une bonne dose de générosité, d’humour, de modestie, de tempérance, de tolérance, de respect.

Les Bantous de la capitale posant avec le Président Denis Sassou Ngouesso, à Brazzaville

Emu de l’honneur qui lui est rendu, le vieil homme a déclaré tout haut que c’est très important de vivre un hommage de son vivant comme Simaro Masiya à Kinshasa, qui eût le même honneur avant sa mort, que de s’imaginer que cela arrivera certainement après sa mort : « Des hommages à titre posthume, je n’en veux pas. Reconnaissez mes œuvres pendant que je suis en vie, aimez-moi et aidez-moi aujourd’hui pendant que j’en ai besoin et je peux m’en réjouir voire vous en gratifier ».

Enfin, à l’occasion de la commémoration du 60è anniversaire de ce groupe mythique, une tournée dans toutes les provinces du pays de Sassou Ngweso couvrira toute la période de ce mois durant laquelle sera mis en vente un Best of des chansons les plus emblématiques qui sera très disponible sur le marché du disque.

Jacques Kalokola     

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