Baptême de feu du P.M Ilunga Ilunkamba  devant les députés nationaux

A peine en fonction, « l’oiseau rare » de Kingakati devra s’expliquer devant les représentants du peuple dans les 48 heures qui suivent, sur les tueries en Ituri  qui ont occasionné plus de 300 morts et un million de déplacés congolais entre janvier et mai 2019.

C’est ce qui ressort de la plénière de lundi 3 juin 2019 au Palais du peuple, dans une question orale avec débat adressée au nouveau Premier Ministre et déposée au bureau de la Présidente de l’Assemblée Nationale, Jeanine Mabunda.

En effet, l’estocade vient du député national Gratien de Saint Nicolas Iracan. Auteur de la question, il voudrait avoir une explication sur l’identité des tueurs dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Sans état d’âme, l’élu de Mahagi se demande pourquoi les FARDCS ne parviennent pas à éradiquer ce fléau : « Quand on voit ce qui se passe sur le terrain, les assaillants qui circulent librement et finalement l’offensive qu’on attendait des FARDC, la sécurité qu’on attend de la Police qui ne vient pas comme il faut, c’est une inquiétude. Il faut que le Premier ministre passe s’expliquer devant les parlementaires pour qu’on sache ce qui ne marche pas. La situation que nous traversons maintenant en Ituri devient déplorable. C’est inacceptable. L’insécurité  est un problème de faiblesse de l’autorité de l’Etat. Nous avons une armée qui est équipée, avec des hommes capables. Mais il se fait que cette armée-là connait certaines difficultés. Il y a infiltrations, il y a des officiers qui font des trafics d’armes et des minerais. »

Un sit-in a été organisé devant le bureau de la Présidente de l’Assemblée nationale afin qu’elle lance un message clair et s’implique pour une solution définitive sur ce problème d’insécurité qui a trop duré soit trouvée.

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Il faut noter, en plus, qu’une journée ville morte a été organisée ce même lundi 3 juin 2019 par la société civile à Mahagi, dans la province de l’Ituri, désormais sous la gouvernance de Jean Bamanisa qui se retrouve encore à Kinshasa, où il est venu honorer la mémoire du Sphinx de Limete, comme tous ses collègues nouvellement élus. Ce dernier s’est déjà prononcé sans froid aux yeux sur cette épineuse question qui risque de compromettre ses ambitions de développer cette partie du pays riche, mais très enclavée.

Compassion pour les victimes des massacres

Pour le Président de la société civile de Mahagi, Hilaire Unencan, qui a remercié toute la population pour avoir observé le mot d’ordre  lancé par cette structure, c’est pour interpeller l’Etat congolais afin qu’il mette fin aux tueries de leurs frères de la chefferie de Mukambo, victimes des attaques des assaillants venus du territoire voisin de Djugu : « C’est par compassion et solidarité aux victimes de ces attaques. C’est aussi pour interpeller l’Etat à jouer son rôle, c’est-à-dire le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’Etat dans cette partie du territoire. C’est aussi pour manifester le mécontentement et la désapprobation de ces attaques inutiles qui viennent du territoire de Djugu. »

L’on a noté, cependant, 40 personnes tuées et des villages complètement incendiés  laissant des milliers de déplacés de guerre sans assistance au mois de mai dernier. Les assaillants sont venus précisément du secteur de Walendu Pitsi en territoire voisin de Djugu comme soutenu par les députés provinciaux  élus de Mahagi, tel que déclarer  à Bunia le samedi 1er mai.

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Un coup bas du FCC?

Ce bapteme de feu du nouveau Premier ministre Ilunga Ilunkamba serait, d’après certaines indiscrétions, l’œuvre des caciques du FCC afin de déstabiliser celui qu’ils attendaient le moins, mais, de surcroît, désigné par l’autorité morale de cette famille politique alors que cet ancien mobutiste est cité dans plusieurs dossiers compromettant même l’image de ce regroupement politique et dont l’on n’a jamais compris par quel bâton magique il  a pu séduire l’énigmatique Rais.

Tout compte fait, tout se jouera devant les députés « acharnés » de sa propre famille politique dont l’arbitrage revient de droit au speaker de la chambre basse du parlement, l’honorable Jeanine Mabunda, pour ainsi dire qu’en politique « tous les coups sont permis » !

Jacques Kalokola.          

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