Jean-Jacques Otshudiema: La TNT est opérationnelle en RDC

Jean-Jacques Otshudiema : « La Télévision Numérique Terrestre TNT est déjà opérationnelle en RDC et principalement à Kinshasa »

Obligée de se conformer aux directives internationales de l’UIT et d’assurer les meilleures conditions de réception du signal radio et télévision, la République Démocratique du Congo a mis en place depuis 2014 le Comité National de Migration vers la Télévision Numérique Terrestre (CNM TNT), piloté par l’ingénieur Jean-Jacques Otshudiema. Pour en savoir davantage sur cette structure et l’avancement de la migration vers la TNT, Infocongo a approché le Coordonnateur national du CNM TNT

Infocongo : Quel est  l’état des lieux de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) en RDC ?

Jean-Jacques Otshudiema : La Télévision Numérique Terrestre est déjà opérationnelle en RDC et principalement à Kinshasa, avec trois émetteurs qui seront suivis d’un quatrième pour couvrir toute la capitale, et la prochaine étape c’est Lubumbashi.  Un plan est aussi mis en place par la coordination nationale que je dirige. En ce qui concerne l’intérieur du pays, l’implantation de la TNT se fera progressivement à travers toute la République car après Kinshasa, nous descendrons à Lubumbashi, Goma, Matadi, Kisangani, Mouanda et Kenge.

Qui sont les partenaires techniques du CNM/TNT ?

J-J O : D’abord le gouvernement congolais, et plusieurs autres partenaires, parce que nous avions lancé un appel d’offre international depuis  2015 pour la soumission de celui qui doit pouvoir déployer un réseau TNT. Mais, cela a justement provoqué un retard, car il n’y a pas eu une évolution quant à ce, et c’est Télé- consult Congo qui nous a permis d’être opérationnel au niveau de Kinshasa, après la résolution du problème de fréquence avec Brazzaville. Ce partenaire a permis, ainsi, à Kinshasa de vivre sa première réalité télé numérique.

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Qu’en est -t-il du niveau et de la qualité du signal ?

J-J O : Je dois assurer la population qu’au niveau de Kinshasa la couverture est totale. Nous avons fait un monitoring pour voir comment les gens reçoivent la télévision numérique à l’aide du décodeur que nous avons mis en place, qui permet que ce signal soit reçu. La qualité est bonne d’abord en ce qui concerne la qualité du contenu qui est diffusé, et les gens ne se plaignent pas pour la réception. Déjà qu’au  départ, le mode de transmission numérique ne pose pas de problème. Nous n’avons pas beaucoup de zones d’ombre pour la ville de Kinshasa qui montrent que dans certaines vallées il est difficile de recevoir le signal. Notre centre d’émission  est situé à un lieu qui est le plus élevé de Kinshasa, à Mbinza. Le site est tellement haut que toute la ville est couverte et tout utilisateur qui a une bonne antenne râteau peut recevoir un bon signal.

Analogique ou TNT?

Certaines personnes ont encore des téléviseurs analogiques, et ne peuvent capter le signal TNT sans décodeur. Alors, comment se procurer ce décodeur ?

J-J O : Au niveau de Kinshasa, c’est à travers toutes les chaines qui constituent le bouquet numérique et qui représentent plus des 70 chaines de télévisions qui sont les points de vente. On peut acquérir aussi ces décodeurs au niveau de nos bureaux car nous organisons aussi des caravanes motorisées pour attirer les clients. Il faut noter que l’installation ne pose pas problème car même les profanes peuvent procéder à l’installation.

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La TNT permet une meilleure qualité du signal

Quels sont les partenaires qui interviennent  dans ce secteur ?

J-J O : Nous avons quatre partenaires à savoir : les éditeurs des programmes, ceux qui font le multiplex, les diffuseurs et les télédiffuseurs.

Que deviennent les fréquences analogiques ?

J-J O : Fini donc le UHF parce que la nouvelle configuration de l’EIT en mettant le numérique permet de générer les fréquences numériques. Kinshasa avait 50 chaînes qui correspondaient à 50 chaînes émettant en analogique, c’est du gaspillage et Kinshasa partage la même zone de couverture que Brazzaville, dans le Pool- Malebo. Le numérique est venu résoudre ce problème des fréquences entre Brazzaville et Kinshasa, car désormais dans une seule fréquence numérique l’on peut regrouper 25 chaînes de télévision. En combinant ces chaînes, on libère ainsi les fréquences que l’on peut utiliser pour d’autres services. Cette migration permet de libérer les fréquences analogiques que l’on peut convertir pour le service internet à  grande vitesse, en 4G voire 5G. C’est pourquoi, je n’encourage pas les gens à continuer à utiliser les fréquences analogiques car en 2020, ce sera la deuxième échéance pour la deuxième vague des fréquences qui doivent être cédées.

“Une seule fréquence pour grouper 25 chaines…”

Comme les 12 travaux d’Hercule…

Avez-vous les moyens de réussir votre mission ?

J-J O : Le premier moyen c’est la volonté. Nous avons pu gérer ce projet depuis 2014 et aujourd’hui malgré les difficultés liées à la conjoncture du pays, nous sommes arrivés à nous déployer.  C’est avec le gouvernement que nous comptons élargir  cette mission et nous sommes très sereins car nous avons fait Kinshasa, et l’on peut observer l’engouement que ceci a suscité à travers la ville. Nous avons encore plusieurs chaînes qui se bousculent pour avoir l’espace dans le bouquet parce que la TNT que nous avons mise en place  produit un rayonnement national qui permet aux chaînes de Kinshasa et de l’intérieur d’être suivies concomitamment partout en RDC. En plus, ce secteur est  générateur d’emplois car avec le numérique l’on peut produire des émissions multilingues et embaucher ainsi des traducteurs. Il faut faire parvenir le même contenu chez tous les utilisateurs, c’est cela notre combat. Souvent nous consommons tout ce qui vient de l’étranger qui coûte cher, et c’est pourquoi nous devons arriver à produire le même travail chez nous pour la consommation à l’extérieur comme à l’intérieur.

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Taux de pénétration d’Internet encore faible

Un pays sans internet à l’intérieur du pays doublé de problèmes d’électrification. N’est-ce pas mettre la charrue devant les bœufs ?

J-J O : Le taux de pénétration de l’internet est entrain de grandir principalement avec les compagnies de télécom qui fournissent un effort d’implantation des réseaux à travers le pays. En ce qui concerne l’électricité, nous recourons aux groupes électrogènes en cas de besoin pour garder le signal et les panneaux solaires.

Quelle est la loi qui régit ce secteur ?

J-J O : Nous avons préparé un texte de loi sur la migration en TNT depuis 2015 qui n’a pas encore dépassé le niveau gouvernemental pour l’assemblée nationale, mais nous sommes régis par des actes règlementaires, par des décrets du premier ministre et des arrêtés ministériels et interministériels de la Communication et des Postes et Télécommunications. Ce qui nous a permis d’avoir un cadre pour installer ce premier réseau que nous mettons en place. Ceci ne bloque pas la roue et nous continuons sur cette lancée et nous pensons qu’avec le prochain gouvernement, nous mettrons encore en place les valeurs de loi pour que les lois sur les télécoms et le numérique soient combinées pour que le cadre soit complètement légal et justifié pour tout le monde.

 Propos recueillis par Jacques Kalokola. 

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