Gérard Bisambu dubitatif sur l’efficacité du nouveau Sénat

Interview de Gérard Bisambu, Secrétaire national de l’Agence pour les élections transparentes et apaisées (AETA)

Infocongo : Monsieur Gerard Bisumba, quelles sont vos premières impressions sur le déroulement de l’élection sénatoriale ?

Gerard Bisambu : De prime à bord, il faut dire que la CENI a tenu à son calendrier comme prévu pour l’organisation des scrutins pour les sénateurs le 15 mars 2019 en dépit de toutes les allégations de corruption qui ont pratiquement fragilisé la préparation de ces élections et qui ont attisé beaucoup de réticence et d’hostilité, mais la CENI a organisé les élections. Sur le déroulement, il faudra dire que tout s’est passé dans l’ordre, les agents électoraux du secrétariat exécutif provincial ont conduit les choses dans le respect des procédures électorales, dans le respect de la loi et les grands électeurs se sont aussi présentés dans le respect. Il faudra noter que nous avons eu à constater qu’un grand électeur qui s’est présenté à l’isoloir avec son appareil photo, on ne sait pas s’il voulait photographier son bulletin de vote pour aller faire preuve comme on l’a dit ; mais il a été tout de suite dénoncé par les agents de la CENI et l’appareil a été confisqué. Mais, finalement il a voté. Bref, les choses se sont passées dans l’ordre. Il faudra noter que tous les 46 grands électeurs pour la ville de Kinshasa ont voté et l’on a compté le nombre des bulletins qui sont sortis de l’urne, c’était 46 et les choses se sont passées dans l’ordre.

Infocongo : Croyez- vous que l’on puisse compter sur le prochain sénat vu toutes ces allégations et retraits des candidatures en cascade ?

Gerard Bisambu : Je crois que pour le moment il est très difficile de dire que l’on peut espérer sur un sénat qui sera efficace dans le sens de consolider la démocratie. C’est difficile. Il faudra voir la configuration des sénateurs élus, bien sûr qu’il y ait parmi eux des gens assez respectueux et respectables, très rationnels et très engagés pour la consolidation de la démocratie. Il faudra voir l’ensemble des énergies qui vont travailler et la politique qui sera mise sur pied dans cette chambre. Pour le moment, il serait tout à fait anticipé de donner un point de vue par rapport au Sénat qui va gérer le pays.

Ce que nous souhaiterions est que nous ayons un Sénat qui fasse un travail qui soit efficace et performant, et même plus que le précédent, parce qu’il faudra reconnaitre que dans la législature passée c’est le Sénat qui avait bien travaillé et c’est cette chambre qui avait eu à cautionner le vote des lois, non sur mesure, mais des lois qui pouvaient tenir compte des attentes de la population. Nous espérons que le Sénat actuel pourra faire un travail assez efficace et assez pertinent au-delà de ce qu’avait fait le Sénat passé bien que le travail antérieur avait été meilleur. Contrairement à l’Assemblée Nationale qui a toujours travaillé plus pour l’élaboration des lois sur mesure en faveur des politiciens, notre souhait est de voir la chambre basse voter des lois qui tiennent comptent des aspirations de la population et pouvoir, ainsi, accompagner l’actuel pouvoir pour la bonne marche de la nation.

Infocongo : La victoire du FCC, était-ce prévisible ?

Gerard Bisambu : Avec la configuration des bureaux des Assemblées Provinciales et le nombre des députés que regorge le FCC, il ne fallait pas s’attendre au contraire. Ce qui est moins avantageux mais qui pourrait être avantageux si dans cette législature et, c’est cela notre souhait, s’opérait une conversion politique, un changement de mentalité dans le chef de ceux qui sont élus, lesquels travaillent plus pour l’intérêt de la population. Mais si c’est l’ancien système qui arrive avec la dérive, avec l’idéologie d’une minorité dominante qui s’enrichit de façon illicite sans tenir compte de la réussite du programme du gouvernement, je pense que ce sera regrettable et nous pourrons dire que le parlement n’aura pas rendu la tâche facile à l’actuel régime qui tient au changement pour l’intérêt général de la population.

Propos recueillis par Jacques Kalokola

Leave a Reply

Your email address will not be published.