Le républicain Donald Trump a gagné l’élection présidentielle américaine contre la démocrate Kamala Harris, selon les annonces des médias américains ce mercredi 6 novembre, marquant ainsi un retour remarquable au pouvoir.
Pour la deuxième fois dans l’histoire des États-Unis, un président est réélu après avoir perdu une élection précédente. Donald Trump, le candidat républicain, a été élu 47e président des États-Unis. Les sondages anticipaient une élection disputée, mais il a finalement remporté une victoire écrasante avec 276 grands électeurs, dépassant le seuil des 270 nécessaires pour gagner, d’après CNN et NBC.
« Une victoire inutile », a déclaré Kamala Harris, qui cherchait à empêcher l’ancien président d’accéder au palais. Il a obtenu 267 votes de grands électeurs, sur les 270 nécessaires pour être élu, tandis que sa rivale démocrate, Kamala Harris, en a recueilli 224.

« Nous avons marqué l’histoire », a proclamé Donald Trump devant ses supporters à Palm Beach. Le candidat républicain a également revendiqué « un triomphe politique sans précédent » aux États-Unis. Ses partisans célébraient déjà le succès de leur champion, même avant la confirmation officielle des résultats.
De nombreuses réactions en Afrique, mais des souvenirs mitigés
Aux États-Unis, Donald Trump a été réélu président. Le candidat républicain entame ainsi son deuxième mandat à la Maison-Blanche. L’élection américaine a été suivie avec attention à travers le monde, et particulièrement sur le continent africain où les réactions sont nombreuses. Quels changements ce nouveau mandat apportera-t-il pour l’Afrique ? Quels aspects de sa politique africaine lors de son premier mandat sont à souligner ?
Nous nous souvenons tous des commentaires offensants de Donald Trump pendant son mandat à la Maison Blanche, lorsqu’il a décrit Haïti et les nations africaines comme des « pays de merde », provoquant l’indignation sur le continent.
Cependant, à part cet incident, le président Donald Trump a manifesté peu d’intérêt pour l’Afrique. Durant son premier mandat, de 2016 à 2020, il n’a réalisé aucune visite officielle sur le continent, à l’inverse de ses prédécesseurs. En comparaison, le président Barack Obama a visité sept pays africains, tandis que le républicain George W. Bush en a visité onze.
Peu d’intérêt pour l’Afrique
Même les hauts fonctionnaires de l’administration Trump ont visité le continent à de rares occasions. Le secrétaire d’État de l’époque, Mike Pompeo, n’a effectué qu’une seule visite officielle, se rendant au Sénégal et en Éthiopie vers la fin du premier mandat de Donald Trump.
Des chercheurs soutiennent que des mesures ont été prises pour faire face à la concurrence économique de la Chine par nécessité. Toutefois, malgré le manque d’intérêt apparent de Donald Trump, la politique africaine de son administration a maintenu une certaine continuité. Comme par le passé, l’accent a été mis sur la stimulation des investissements et l’augmentation des échanges commerciaux avec l’Afrique. Effectivement, durant son mandat, Donald Trump a conservé les budgets alloués à l’Afrique.
La continuité a également été préservée sur le plan de la sécurité, l’administration Trump ayant soutenu plusieurs pays dans leur combat contre la menace djihadiste, tout en réduisant considérablement la présence militaire américaine sur le continent.
Une « belle victoire » pour Félix Tshisekedi, « prêt à collaborer »
Il y a toutefois nombreuses réactions dès ce mercredi matin sur tout le continent africains, des félicitations à Donald Trump du président nigérian Bola Tinubu, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, du président burundais Evariste Ndayishimiye. À Kinshasa, Félix Tshisekedi, président de la RDC, a salué cette élection en parlant d’une « belle victoire.

Le chef de l’État congolais s’est dit prêt à collaborer avec le nouveau président américain élu et à renforcer ce qu’il qualifie de partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, des pays qui, selon lui, « entretiennent déjà de bonnes relations amicales et de coopération ». L’entourage de Félix Tshisekedi a également exprimé l’espoir d’une implication accrue des États-Unis dans la recherche de la paix dans l’Est de la RDC.
De leur côté, peu de médias congolais ont, jusqu’à présent, couvert l’élection américaine de manière approfondie. Les plateaux de télévision sont restés discrets. Peu d’experts étaient invités à commenter le scrutin américain. C’est sur les réseaux sociaux que l’engouement pour les élections américaines est le plus visible.
Sur les réseaux sociaux congolais, le débat se focalise sur la figure de Donald Trump, suscitant commentaires, débats et parfois même des memes humoristiques. Ce matin, dans les taxis bus de Kinshasa, les discussions allaient bon train sur le scrutin. Certains passagers échangeaient leurs opinions sur Trump, débattant de sa personnalité flamboyante.
« Le programme de Donald Trump va toucher à l’immigration »
Les politiques d’immigration proposées par Donald Trump devraient avoir des conséquences importantes pour les migrants et les réfugiés africains. Trump envisage de mettre en œuvre une refonte radicale de la politique d’immigration américaine, y compris des expulsions massives de millions d’immigrants sans papiers, ce qui pourrait impliquer des descentes généralisées sur les lieux de travail et l’utilisation des ressources militaires américaines.

Cette approche agressive pourrait affecter de manière disproportionnée les migrants africains, qui sont déjà confrontés à de nombreux défis pour s’orienter dans le système d’immigration américain.
En outre, le discours de Trump sur l’immigration a toujours été marqué par des déclarations incendiaires et trompeuses. Tout au long de sa carrière politique, il a fait référence à plusieurs reprises aux immigrants illégaux en utilisant des termes tels que « migrants criminels », « monstre illégal », « tueurs », « membres de gangs » et « empoisonner notre pays ». Il a été démontré que cette stratégie de répétition rend ces déclarations plus vraies au public, malgré leur inexactitude.
En conséquence, les migrants et les réfugiés africains pourraient être confrontés à une discrimination et à une stigmatisation accrues en raison de ces récits, ce qui pourrait aggraver leur vulnérabilité et les préoccupations en matière de droits humains auxquels ils sont déjà confrontés. Lire aussi : Goma : lancement officiel du mécanisme de suivi de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC – Infocongo