Augustin Kabuya soutient la révision de la constitution

Le parti au pouvoir, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), appuie la proposition de réviser la constitution du 18 février 2006. Cette initiative survient alors que le président Félix Tshisekedi effectue son second et ultime mandat selon les textes légaux. Le secrétaire général et président par intérim de l’UDPS a fait cette annonce publiquement dimanche 29 setptembre 2024, lors d’une rencontre avec les membres du parti.

« La révision constitutionnelle n’est pas quelque chose de mauvais. Qu’on ne dénature pas cette hypothèse. J’étais informateur et je connais les lacunes que comporte la constitution simplement sur la formation du gouvernement. Vous avez appris au Sénégal, où le président, aussitôt élu, a directement nommé son premier ministre », a déclaré Augustin Kabuya devant les militants.

Justifications de Kabuya

Augustin Kabuya SG de l’UDPS, devant sa base, soutient la révision constitutionnelle (ph droits tiers)

M. Kabuya souligne parmi d’autres raisons, la durée considérée comme excessive pour la formation du gouvernement, ce qui retarde le début d’un mandat présidentiel. Il affirme que, bien que le mandat présidentiel soit théoriquement de cinq ans, il est effectivement réduit à trois ans dans la pratique.

« Sur les cinq ans du président de la République, ce sont six mois qui sont consommés gratuitement. Après ce temps, le mandat de cinq ans dont on vous parle n’en est pas un. Puisque la cinquième année est une année électorale où tout le monde est en ébullition. Est-ce qu’on peut accepter une telle constitution ?», s’est-il interrogé à haute voix, avant d’affirmer que le chef de l’État est bloqué par la constitution.

Félix Tshisekedi a déjà pris la parole sur ce sujet. En mai, face à la diaspora congolaise à Bruxelles, il a annoncé son intention de créer « une commission nationale multidisciplinaire chargée de réfléchir à l’élaboration d’une constitution à la hauteur de notre pays ».

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Constitution obsolète” (Félix Tshisekedi)

Félix Tshisekedi face à la diaspora de Belgique (ph droits tiers)

« Comme vous le savez, je suis un fervent partisan de la mise à jour de notre constitution. Je pense que notre constitution est obsolète, c’est une constitution qui a été conçue après un conflit et elle avait fait la part belle à tous ceux qui avaient été des belligérants et même dans le système électoral que nous avons à la proportionnelle ce n’est pas un système propice pour un pays aussi grand que la République Démocratique du Congo.

On ne devrait pas avoir un système pareil pour composer notre classe politique. Je crois que tout ça va faire l’objet des réflexions, je mettrai en place une commission nationale qui serait multidisciplinaire et qui serait appelée à réfléchir sereinement sur la manière de nous doter d’une constitution digne de notre pays », avait déclaré Félix Tshisekedi.

Alors qu’une majorité de l’opposition rejette cette initiative, appuyée par Félix Tshisekedi au début de son second mandat, Adolphe Muzito, ex-premier ministre et figure de l’opposition, la soutient.

Face à l’appel au dialogue de Martin Fayulu, le président du Nouvel Élan insiste pour que l’élaboration d’une nouvelle constitution soit une condition préalable. Selon André Alain Atundu, ex-porte-parole de la majorité sous Joseph Kabila, il y a nécessité d’une révision constitutionnelle à cause de l’intangibilité de certaines clauses. Lire aussi : Matata Ponyo s’oppose à la révision constitutionnelle et dénonce l’instrumentalisation de la justice – Infocongo