Ville morte à Goma

Les sociétés civiles du Nord et Sud-Kivu menacent d’entamer des manifestations non-stop pour contraindre le gouvernement congolais et la force sous-régionale à lancer les hostilités contre les rebelles du M23 qui assiègent des entités du territoire de Rutshuru depuis mi-juin 2021.

Alors que l’armée congolaise observe un cessez-le-feu unilatéral et que les troupes de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) tardent à s’engager au combat, les forces vives desdites provinces constatent que l’ennemi continue de s’emparer d’autres localités et d’entretenir des atrocités sur des civils.

A ce sujet, elle rappelle par exemple que le 8 janvier dernier, les rebelles ont installé un nouveau chef à la tête du groupement Buhumba et que le 10 janvier, ceux-ci ont attaqué des populations qui étaient à la recherche des bois de chauffage et du charbon dans la zone de Kisimba.

Combattants du M23 à Kibumba au Nord-Kivu
Combattants du M23 à Kibumba au Nord-Kivu

Les forces vives rappellent aussi que le même 10 janvier, le M23 a surpris des agriculteurs dans leurs champs à Kalengera et les a fouettés à mort au motif qu’ils ont bafoué l’interdiction d’aller dans les champs. Puis, le 7 janvier, les mêmes assaillants ont tué par fouets 2 civils à Biruma au motif que ces derniers ont refusé d’obtempérer à leur ordre.

Par ailleurs, ayant tenté une attaque repoussée par les FARDC, le M23 a massacré, le 9 janvier dernier, des agriculteurs dans leurs champs à Marangara dans le groupement Tongo, à Rutshuru.

Les sociétés civiles du Nord et Sud-Kivu annoncent des manifestations contre l’attitude du gouvernement et de l’EAC face au M23

Toutefois, la société civile constate qu’en dépit de toutes ces exactions, les autorités congolaises ainsi que l’EAC restent passives et prennent part à des cérémonies de “façade” dites de “retrait du M23” alors que les rebelles maintiennent toujours leurs positions.

Lire :  Attaque de Bukavu : le Conseil Provincial de la Jeunesse appelle les jeunes à la vigilance

« Cessez de dorloter les terroristes du M23 au détriment des milliers des vies humaines en errance », lancent les sociétés civiles du Nord et Sud-Kivu.

Le M23 et la force de l'EAC à Rumangabo
Le M23 et la force de l’EAC à Rumangabo

Partant de cela, les forces vives lancent un ultimatum jusqu’au 15 janvier prochain. Elles menacent d’amorcer des manifestations populaires si rien n’est fait pour rétablir la paix à Rutshuru dans ce délai.

« Prenant la communauté nationale et internationale pour témoin de la volonté délibérée à maintenir la population dans les violences armées par le Rwanda et ses complices, les animateurs de la société civile rappellent qu’ils ne vont pas rester observateurs de la situation et par conséquent, ils annoncent que dépasser le 15 janvier sans solution, ils vont appeler la population à des soulèvement populaires illimités contre tous ceux qui ne veulent pas trouver solution à la guerre qui a duré plus de 2 décennies », écrivent-elles dans un communiqué conjoint du 12 janvier 2022.

Cessez-le-feu ignoré

Il sied de rappeler qu’à l’issue du dernier mini-sommet tenu à Loanda en Angola, les chefs d’Etat de la sous-région ont sommé le M23 à cesser le feu et à se retirer dans ses anciennes positions. Mais, la rébellion n’a jamais obtempéré.

Le 23 décembre dernier, celle-ci a toutefois annoncé qu’elle quittait Kibumba. Puis, le 6 janvier dernier, elle a dit qu’elle se retirait de la base militaire de Rumangabo. Des positions qu’elle promettait d’abandonner à la force sous-régionale. Cependant, la société civile continue de témoigner que des éléments du M23 sont toujours visibles sur les lieux ou dans les environs.

Lire :  Le gouvernement confirme les attaques du M23 sur des positions militaires FARDC

A l’issue d’une réunion avec le facilitateur Uhuru Kenyatta à Mombasa, au Kenya, le jeudi 12 janvier dernier, le M23 a promis de poursuivre un retrait ordonné des territoires conquis et d’adhérer à un cessez-le-feu strict. Lire aussi: Le M23 campe toujours aux abords du camp de Rumangabo

Avec 7sur7.cd