Les évêques catholiques marchent contre l'agression de la RDC

Les catholiques de la RDC marchent pacifiquement ce dimanche 4 décembre « pour sauvegarder l’intégrité territoriale de notre Pays », à l’appel de l’assemblée plénière extraordinaire de la CENCO tenue du 7 au 9 novembre dernier, relative à la situation sécuritaire du pays.

Dans toutes les paroisses de la RDC, les catholiques vont marquer leur soutien aux FARDC et leur opposition à la guerre dans l’est du pays et à la présence du M23, soutenu par le Rwanda et l’Ouganda.

À Kinshasa, plusieurs cortèges se sont mis en route après la première messe de 6h30. À l’occasion de ce rassemblement initié par l’Eglise, tous les autres services religieux, qui d’habitude rythment cette journée de dimanche, ont été annulés.

Les chrétiens catholiques de la RDC marchent contre l’agression du pays par le Rwanda à travers le M23

L’Eglise catholique a adressé un message fort qui a été lu après les offices. D’une part, elle fait part de son soutien indéfectible aux forces armées, qui se battent pour assurer la sécurité des Congolais et se sacrifient pour la patrie. En revanche, le message est beaucoup plus dur à l’attention de la communauté internationale, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Belgique et plus largement l’Union européenne. Selon les responsables religieux, ils ne défendent pas le pays contre l’agression du Rwanda à travers le M23. L’Eglise catholique de Kinshasa a officiellement demandé que la RDC quitte la Communauté est-africaine, l’Organisation de la francophonie et elle a exigé le départ de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC.

« Dénoncer l’hypocrise de la communauté internationale »

Une déclaration en phase avec l’objectif affiché par l’Église congolaise en appelant à manifester ce dimanche. L’institution souhaite dénoncer « la guerre d’oppression imposée à la RDC et l’hypocrisie de la communauté internationale ». Pour faire passer leur message, à Kinshasa, plusieurs cortèges sont censés se diriger vers des représentations de la Monusco, des Nations unies et vers le quartier des ambassades.

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Mais la Cenco l’a prévenu, ces manifestations ne sont pas des rassemblements politiques. Les appartenances aux partis ne doivent pas s’afficher même si des représentants du pouvoir et de l’opposition sont attendus dans les différents rassemblements. Au saut-de-mouton de la place Pascal, par exemple, c’est l’opposant Martin Fayulu qui doit marcher en tête de cortège.

Si les catholiques de l’ensemble du pays sont appelés à manifester ce dimanche matin, ça ne sera pas le cas pour toutes les villes, il est donc difficile pour le moment de faire le bilan de cette mobilisation. À Goma, le rassemblement a été annulé par les organisateurs pour « éviter d’éventuelles infiltrations ».

À la fin de ces différents rassemblements, un message de l’Église doit être lu. Ce mémorandum sera remis lundi aux sièges des institutions politiques, ambassades et organisations internationales.

« L’heure est grave. Notre pays est en danger ! Ne laissons pas balkaniser la RDC. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ainsi que dans la diaspora, mettons-nous tous debout pour sauvegarder l’intégrité territoriale de notre pays », ont alerté les archevêques et évêques catholiques congolais.

L’appel du Prix Nobel de la paix, Mukwege  à soutenir la marche

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege appelle les Congolais à participer à cette marche pacifique :

« Nous appelons toutes les Congolaises et tous les Congolais à répondre massivement à l’appel de la CENCO en marchant à travers toute la RDC pour dénoncer la guerre nous imposée injustement. Compatriotes congolais (es), levons-nous et marchons. Personne ne le fera à notre place ! ».

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