Le président Erdogan à Kinashasa

Le Président de la République turque Recep Tayyip Erdogan a atterri dimanche 20 février à Kinshasa à la tête d’une forte délégation officielle, pour un séjour de 48 heures dans la capitale congolaise. Cela faisait 12 ans qu’un officiel turc de ce rang n’avait plus foulé le sol congolais, et pour l’occasion, le protocole congolais parle de plusieurs accords qui devraient être signés durant son séjour.

Recep Tayyip Erdogan, qui dirige son pays d’une main de fer et dont le régime entretient des relations tumultueuses-et c’est un euphémisme- avec ses voisins européens, est à la recherche depuis quelques années, des points d’ancrages sur le continent noir, où son pays multiplient des accords de coopération dans des domaines les plus variés.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accueilli par le Premier ministre Sama Lukonde

Le nouveau Sultan turc, inaugure ainsi à Kinshasa, une série des visites des personnalités étrangères en Rdc, du moins pour l’année en cours.

Kinshasa déroule le tapis rouge pour des hôtes du beau monde

Pour cette année 2022, supposée être l’avant dernière de son mandat, le Président congolais Félix Tshisekedi, semble décidé à tenir table ouverte à tous ceux, homologues ou non, disposent d’une certaine influence au sein de ce qu’on appelle la communauté internationale.

Après le turc Erdogan, sont ainsi annoncés dans la métropole kinoise, le couple royal belge accompagné des Vip du monde politique et économique belges, le Pape François, les Chefs d’Etats signataires et garants des Accords de paix sur l’est de la RDC. Il se murmure même dans certains salons de Kinshasa, l’éventualité de la présence du Secrétaire général des Nations unies Antonio Gutierrez à cette occasion.

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Pour faire court, un agenda diplomatique à même de gonfler l’orgueil du Chef de l’Etat congolais, dont les services ne cessent de vanter à tous les azimuts les acquis diplomatiques qui selon eux, ont permis à la RDC de renouer avec le monde qui l’entoure.

A la recherche d’un second souffle

Il ne fait aucun doute que Félix Tshisekedi semble avoir bénéficié d’une conjonction des planètes favorable sur le plan diplomatique depuis son accession au pouvoir. Après un mandat d’une année à la tête de l’Union africaine avec un bilan en demi-teinte, il vient d’embrayer avec un nouveau bail au sommet de la CEEAC, ce qui devrait lui permettre d’enchaîner avec les réceptions du gratin politique africain dans les semaines et mois qui viennent. Alors qu’il aspire à briguer un second mandat à la tête du pays, ce sont là des relations qui peuvent être utiles, surtout en Afrique tropicale, où plus souvent, le Président légal n’est pas toujours le Président légitime.

Confronté à l’interne avec une situation de plus en plus pourrissante sur les plans politique, économique, sociale et sécuritaire, le Chef de l’Etat congolais semble se tourner vers l’extérieur du pays, comme à la recherche d’un exutoire salvateur, susceptible de redorer son image, et de faire bonne figure, quand viendra le moment de présenter son bilan. Lire aussi: RDC : Kinshasa attend la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan, dimanche

Lolo Luasu B.