Au lendemain de la mise à sac de sa résidence, Jean-Marc Kabund avait lancé devant des partisans venus compatir à son malheur, que « pour les commanditaires de cette opération, leur joie sera de courte durée ».
Depuis cette sortie, il s’est muré dans un silence énigmatique, qui contraste avec son tempérament de feu habituel. Même la séance ubuesque de son éviction du parti samedi dernier, l’a laissé de marbre.
Entre-temps, l’heure paraît être à l’évaluation des forces dans chaque camp, en attendant la bataille décisive de mars, lors de la rentrée parlementaire. Déjà, chaque partie impliquée compte ses troupes. Il y a de cela quelques jours, 20 des 32 députés de l’UDPS ont désavoué leur désormais ex-Président. Ils ont été suivis hier lundi par 52 élus ex-PPRD, et 40 autres de « Ensemble ».
Sauf que pour les deux derniers regroupements, l’allégeance au camp présidentiel semble conditionnée à leur prise en compte de leur poids politique respectif dans les prochaines mises en place post-Kabund. Comme dit l’adage populaire, il n’y a rien pour rien.
Semaine décisive pour l’après Kabund à l’Assemblée nationale
JM Kabund sait que les semaines qui viennent seront décisives et que le temps joue pour lui. Passé maître en anticipation, il avait vu venir le coup de loin, et avait mis en place des structures politiques de repli. Il s’agit notamment du « Mouvement dynamique Kabund » (DNK), une association gérée par madame son épouse, et « Décision finale » directement rattaché à sa propre personne. Ces deux organisations sont largement implantées dans le pays, et sont susceptibles de se transformer en parti politique au cas où.
Tout dépendra désormais de l’évolution de la situation à la session de mars prochain. Si ses adversaires de l’UDPS obtiennent sa déchéance du Bureau de l’Assemblée nationale, il se verra ouvrir des nouveaux horizons. Et s’ils échouent, alors rien ne sera plus comme avant dans le microcosme politique national. Lire aussi: UDPS : Jean-Marc Kabund radié du parti