Annulation du voyage du Roi belge : le camouflet de trop

Le Roi des belges ne fera plus le déplacement de Kinshasa le 30 juin prochain. Le Souverain belge attendu à Kinshasa comme invité d’honneur à la commémoration du 61ème anniversaire de l’indépendance de l’ex-colonie belge, sera donc aux abonnés absents. Une absence d’autant plus remarquable, qu’elle enlève toute sa saveur à la cérémonie de rapatriement au pays de la seule relique connue, une dent, du héros national Patrice-Emery Lumumba.

C’est la faute à covid-19, clame-t-on à Kinshasa dans les hautes sphères du régime en place, qui parlent d’un compromis de commun accord entre Bruxelles et Kinshasa, au regard de la situation sanitaire préoccupante dans les deux pays.

Une explication jugée recevable et fondée à première vue par les observateurs en ces temps de 3ème vague du covid-19, plus dévastatrice que la récente éruption du Nyiragongo. Mais là où le bât blesse, c’est d’entendre des mêmes sources, que le Président congolais Félix Tshisekedi, n’annule pas pour les mêmes motifs et les mêmes circonstances son voyage de Bruxelles ce 21 janvier, officiellement pour aller convoyer la dent du héros national.

La première question qui vient à l’esprit est de se demander si la dangerosité du covid-19 dans cette 3ème vague, ne joue que sur l’axe Bruxelles-Kinshasa, et non sur l’axe contraire ?

D’où peut-être ce deuxième constat des observateurs de la scène politique et diplomatique congolaise : depuis son élévation à la dignité de Président en exercice de l’Union africaine, le Chef de l’Etat congolais a multiplié de manière exponentielle les virées en bande organisée dans les capitales européennes et africaines, alors qu’en retour, il se constate comme un assèchement des visites officielles de ses homologues à Kinshasa, et cela même en période d’accalmie de l’épidémie du covid-19.

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Loi des séries

Mieux, les différentes tentatives diplomatiques amorcées par le Président Félix Tshisekedi sur la scène africaine, se sont terminées, presque toutes, en eau de boudin, à l’instar du conflit entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan sur le barrage de la Renaissance. Et tout récemment, de sa prise de position exigeant le retour au pouvoir des civils au Mali.

A tous ces revers diplomatiques sont venus s’ajouter les échecs encore plus patents, comme les tentatives d’imposer Faustin Lwanga au poste de Secrétaire exécutif de la Sadc, ou celui plus récent, de la candidature congolaise au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu.

Pour revenir au lapin posé par le Roi des belges, il faut dire que la version officielle annoncée par Kinshasa, diffère largement de celle en cours à Bruxelles. Là-bas dans les salons politiques de Bruxelles, on explique la dérobade royale par une répugnance des autorités belges de voir leur Roi fouler la capitale d’un pays où le climat politique est plus que délétère. Un pays où en dépit des professions de foi officielle sur l’Etat de droit, on n’hésite pas à faire des infidélités aux lois et à la Constitution, où la justice est aux ordres, où en dépit de la rhétorique sur la bonne gouvernance, la corruption et les passe-droits ont désormais droit de cité, et où on embastille en masse journalistes et personnalités qui commettent l’erreur de penser autrement que les détenteurs de l’imperium. Lire aussi: La RDC renonce à sa candidature au Conseil de sécurité de l’Onu

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