L’union sacrée de Félix Tshisekedi ne serait-elle qu’un vaste poker-menteur? En effet, si au commencement, était la parole, comme dit la bible, il faut convenir que pour la genèse de l’Union sacrée, le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, n’a pas dérogé à cette règle plusieurs fois millénaire. La seule différence, est que lui, il a abreuvé et continue d’abreuver ses pressentis assujettis des promesses qui restent encore à tenir.
Dans sa quête d’une majorité parlementaire à sa solde qui devrait lui permettre d’asseoir sa mainmise sur l’appareil politique national, Félix Tshisekedi ne lésine pas sur les promesses mirobolantes envers ses cibles privilégiées que sont les élus nationaux et même provinciaux.
Le nouvel homme fort du pays, après s’être assuré de la docilité de l’appareil judiciaire national de la manière que l’on sait, s’est résolument tourné vers les élus, dont il connaît parfaitement les penchants pour la vénalité.
Au fil des jours, le cahier des charges de l’Union sacrée se précise d’avantage, tout comme le chronogramme que se fixe son initiateur pour atteindre ses objectifs.
l’Union sacrée de Félix Tshisekedi
Félix Tshisekedi aura d’abord besoin du vote des députés rangés sous sa bannière, pour doter l’Assemblée nationale d’un Bureau taillé à son image. Ensuite, recourir aux mêmes élus pour se doter d’une majorité parlementaire qui lui sera redevable. Ces élus convertis à la nouvelle religion devront ensuite voter des lois sur la nouvelle CENI et les lois électorales, ainsi que l’investiture du futur Gouvernement dit d’Union nationale. Lire aussi: Félix Tshisekedi annonce la formation d’un Gouvernement d’union nationale
Aux ministres FCC du Gouvernement Ilukamba, le Chef de l’Etat avait promis qu’ils resteraient aux affaires, à condition qu’ils lui ramènent des députés de leurs partis et regroupements politiques respectifs. Nombreux ont mordu à l’hameçon.
Mais aux élus qu’il a reçu lors de ses consultations politiques, le Chef de l’Etat a promis qu’il ferait plutôt un Gouvernement des élus, et s’est engagé par voie de justice à protéger ceux d’entre eux qui auraient des ennuis avec leurs partis et regroupements politiques.
Là aussi, nombreux sont les élus qui se sont laissé tenter par ces lendemains qui chantent, même si pour atteindre ce Saint Graal, ils devront au préalable accorder leurs votes favorables à toute une série de lois ou des choix attendus. D’où une série de questions qui viennent à l’esprit.
La croisée des chemins
A qui ira la préférence présidentielle au moment où sonnera l’heure des récompenses et de la matérialisation des promesses? Aux ministres en fonction qui ont amenés leurs élus? Ou alors à ces mêmes élus qui auront apporté leurs votes? Et dans la seconde hypothèse, quel sera le critère de choix parmi des dizaines de prétendants?

Surtout qu’au départ, le gâteau sera déjà amputé par les propres partisans du Chef de l’Etat qui ne cachent plus leur impatience à goûter aux délices du pouvoir, et par des anciens-nouveaux alliés du MLC et d’Ensemble, dont la gloutonnerie politique de leurs dirigeants est de notoriété publique? Pour asseoir les fondamentaux de sa nouvelle alliance politique face à ses adversaires politiques du FCC, qui semblent l’attendre au tournant, Félix Tshisekedi n’a à sa disposition que sa supposée bonne foi et des promesses des jours meilleurs à proposer à ses nouveaux alliés, tout en espérant que le temps qui passe lui sera favorable. Mais surtout, que ses appelés d’aujourd’hui ne se lasseront pas de la longue attente qui se profile à l’horizon.