Covid-19: Le Dr Batusadisa fait le point sur la contamination, les morts, les fonds alloués

La gestion de covid-19 en R.D. Congo a été au centre de controverse, tant au niveau du comité de riposte piloté par le Dr Muyembe, qu’au ministère de la Santé dirigé par le Dr Eteni Longondo, accusé de mégestion des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Les voix s’élèvent de part et d’autre. Selon le Dr Batusadisa Barthélemy du Centre médical « La Puissance Batu » qui existe depuis 12 ans à Delvaux, la première communication avait mal orienté les choses.

Communication défaillante

« La communication du ministre de la Santé lors du premier cas déclaré, venu de l’Europe, a orienté autrement les choses. Les Kinois n’ont pas bien compris le message. Le ministre avait mal communiqué à la population. Donc, le message était ambigu, ce qui a poussé la population à ne pas croire à l’existence de cette maladie à Kinshasa », nous confie le Dr Barthélemy.

Parlant de l’existence du Coronavirus en RDC, dont les Kinois n’y croient toujours pas, le Dr Batusadisa confirme la présence de la pandémie au pays, mais pas comme on l’a fait savoir à la population.

« Le coronavirus existait, existe et existera. Il est parmi nous et nous allons vivre avec la maladie comme nous vivons avec d’autres épidémies tel que le paludisme. Mais la maladie n’a pas atteint le niveau que l’on nous présentait dans les médias. Certains chiffres ne correspondaient pas à la réalité. Ils ont été même gonflés pour faire peur. C’est pour dire qu’il n’y avait pas transparence et vérité dans l’affaire. Les congolais ayant une certaine maturité, ils ont compris que c’est une affaire de gros sous », fait savoir le Dr Barthélemy.

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Le rapport de l’Assemblée nationale

Selon le rapport de contrôle du suivi de l’exécution de la Loi de finance aux deux premiers trimestres de 2020 présenté à l’Assemblée plénière, la Commission économique, financière et de contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale démontre comment l’argent encaissé a été utilisé par le ministère de la Santé.

Le rapport précise que le décaissement du trésor public au titre de covid-19 se chiffre à 26,8 milliards de FC. Les dépenses ont été exécutées respectivement à hauteur de 11,5 milliards de FC sur ressources propres et de 15,2 milliards de FC sur ressources extérieures. Ces dépenses s’articulent sur la prévention de l’expansion de la covid-19; la sécurisation des frontières sur toute l’étendue du territoire national; et l’intervention pour la lutte contre la covid-19.

De la prévention de l’expansion de la covid-19

Au titre de prévention de l’expansion de la covid-19, le gouvernement a débloqué une somme de 3,2 milliards de FC. Ces dépenses ont ciblé l’encadrement des mesures de confinement,  les travaux de désinfection et décontamination de certains sites et des gestes barrières, notamment la sensibilisation aux pratiques d’hygiène, le prélèvement de température, le port des masques.

De la sécurisation des frontières

La sécurisation des frontières aligne les dépenses relatives à l’appui aux actions urgentes en faveur de la DGM et à la prolongation du déconfinement de la commune de la Gombe en faveur du Commissariat provincial de la police nationale de la ville de Kinshasa. Ils ont effectué un décaissement de 876,5 millions de FC à fin juin 2020.

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Réagissant aux dépenses engagées pour la riposte, le Dr Batusadisa explique qu’il y a eu beaucoup de moyens financiers pour la lutte contre la pandémie.

« Le gouvernement congolais et la communauté internationale ont débloqué beaucoup de fonds pour lutter contre le coronavirus. Personne ne peut me prouver le contraire. Ces moyens financiers et matériels réceptionnés n’ont pas atteint les centres de santé qui reçoivent les malades avant de les transférer dans des grands hôpitaux qui ont bénéficié de ces financements. C’est pourquoi, la gestion de la pandémie a été désordonnée. Ce sont des centres de santé de la cité proche de la population qui s’occupent des toutes sortes des malades pour les premiers soins avant leur transfert dans les hôpitaux de référence, polycliniques et cliniques de l’État », explique le Dr Barhélemy.

Le monnayage de corps et le nombre élevé de morts

A ce sujet, le responsable du Centre de santé Batu n’a pas caché son émotion d’écouter ce qui se racontait autour de cadavres.

« Dire qu’on achetait de cadavres, décédés par d’autres malades, je ne saurais le confirmer car nous n’avions pas connu cette aventure dans notre centre médical. Mais, il n’y a pas de fumée sans feu, ceux qui l’ont dénoncé ne l’ont pas aussi inventé. Autre chose, les morts par coronavirus, je ne les ai pas vu de mes yeux. Chacun de nous peut poser la question à son voisin du quartier, s’il peut citer le nom d’un frère ou parent mort de covid-19. J’ai posé la même question et, aucun ne me l’a prouvé », nous le dit Dr Batusadisa avant de conclure , qu’il y a eu légèreté au niveau de l’exécution de la riposte contre la covid-19.

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« Aujourd’hui, les Kinois circulent sans observer les gestes barrières. Qui porte encore le masque, devenu aujourd’hui une occasion donnée aux certains sous-commissariats à rançonner la population ».

Le masque, un business pour policiers ripoux

Plusieurs personnes ne cessent de se plaindre d’une tracasserie policière dans certains endroits de la capitale où on dénombre des victimes 

Les policiers ne font plus autre chose que de brutaliser les passants en les soutirant 1.000, 1.500, 2.000 FC qu’ils empochent, sans quittance. Derrière la station-service Cobil Victoire, la recette journalière d’un policier en cet endroit est plus ou moins 30.000 FC. Et alors, la caisse de l’État reçoit combien?

Gel Boumbe

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