Crash de l’Antonov 72 : le renforcement du système sécuritaire établi comme indispensable

De vives réactions de la part des analystes en disent long sur le crash de l’Antonov 72 dont l’épave a été retrouvée dans un champ par des cultivateurs du village Okoto, en territoire de Kole, à quelques kilomètres de la ville de Lodja en province du Sankuru.

Intox et contradictions…

Ce drame a été révélateur de beaucoup de contradictions et d’intoxications pour éviter que soit éclatée la vérité. Dans ce cadre, les experts ont jugé de l’urgence à nettoyer le secteur de l’aviation congolaise de tous les relents entretenus par des personnes qui n’ont aucun respect pour les vies humaines, et ou seuls leurs profits et intérêts comptent.

Pour l’heure, ce drame semble loin d’entrevoir le bout du tunnel. Pour autant qu’en vue de mettre les bouchées doubles, les experts de l’aviation en RD Congo qui étaient montés au créneau dans la soirée du mercredi 16 octobre 2019, ont tenu à interpeller les consciences face à la catastrophe du Sankuru.

Jusque-là, le constat semble amer. Rien n’a été fait. Le nœud du problème porte sur le non-respect du règlement. Tout aéronef devant opérer en RD Congo doit préalablement appartenir à une compagnie titulaire d’un permis de transport aérien du pays et de l’état d’immatriculation. Ce qui n’existe pas en RDC.

Un avion fantôme?

Egalement, l’aéronef devait subir une inspection de la part de l’autorité congolaise. Il se dégage aussi que l’autorité de l’aviation de la RDC n’a aucun document sur cet aéronef, moins encore son programme de maintenances.

Il apert que la survenue du crash d’avion de l’altitude de croisière au sol dénote d’un disfonctionnement qui rend l’avion incontrôlable. Autant de causes des catastrophes ont été formellement énumérées en vue d’éclairer la lanterne sur les accidents d’avion et d’éviter au pays de telles hécatombes devenues on ne peut plus récurrentes.

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Les mêmes causes produisant les mêmes effets…

Il en est de même d’autres défaillances dues à la fatigue, à la formation ou à des lacunes dans l’application des procédures ou encore, cas de défaillances structurelles dues à la perte d’une composante essentielle de type gouvernance de profondeur.

Ceci implique, de manière absolue, l’état technique de l’avion et les dispositions de compétences des pilotes.

De ce qui précède, les experts exhortent les autorités à l’ouverture des enquêtes approfondies jusqu’à en déterminer les causes préalables afin d’éviter la survenue d’autres événements du genre.

Ils ont par ailleurs souligné l’importance que revêt l’établissement du certificat de navigabilité (CDN) qui est un document administratif autorisant un avion à voler. Il atteste de l’aptitude au vol de l’avion délivré par la Direction générale de l’Aviation civile et dont la durée de vie serait illimitée.

Pour cela, il est temps que les institutions de la République, principalement la présidence de la République, joue à la prudence.

Pour rappel, l’Antonov 72 avait été affrété par la présidence de la République pour assurer la logistique. L’avion a connu un crash dans la province du Sankuru alors qu’il avait quitté jeudi Goma pour Kinshasa.

Raymond Befonda