Tommy Tambwe Ushindi

Félix Tshisekedi a signé, le 4 juillet 2021, l’ordonnance créant le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).

Placé sous l’autorité directe du Chef de l’État, le nouveau service a parmi ses objectifs, de capter des financements internationaux et de proposer aux anciens combattants de se réinsérer au sein même de leurs communautés.

Commanditaires des arrestations

La nomination des principaux animateurs du P-DDRS est intervenue samedi 7 juillet dernier, mais le nom d’Emmanuel Tommy Tambwe Ushindi, coordonnateur du programme, devient l’objet d’une polémique à outrance.

En effet, l’ancien vice-gouverneur du Sud-Kivu sous la rébellion du RCD, en 2002, cité par Reporters sans frontières et Amnesty International comme commanditaire des arrestations musclées de journalistes est dans de sales draps, depuis sa nomination.

L’ONU et d’Amnesty International témoignent

Rfi qui a repris l’information dans ses éditions du lundi, présente le Coordonnateur de ce nouveau service comme un homme qui a toujours été actif dans les mouvements armés. En 2012, Tommy Tambwe avait pris la tête d’un mouvement proche de la rébellion du M23, l’Alliance pour la Libération de l’Est du Congo.

Les détails d’un rapport du groupe d’experts de l’ONU précisent qu’il avait milité pour la création d’un État indépendant du Kivu.

De son côté, Amnesty International ajoute que cette rébellion aurait commis des crimes au Sud-Kivu parmi lesquels des recrutements forcés d’enfants. Une situation aussi grave que les Kivutiens ne pouvaient tolérer.

A ce sujet, Jean-Mobert Senga, chercheur à Amnesty International, s’interroge : « Comment peut-on aider à la stabilisation d’une région où on a été partie prenante au conflit en tant qu’acteur ? »

Justifications de Tommy Tambwe

Le Coordonnateur de P-DDRCS, Emmanuel Tommy Tambwe Ushindi ne pouvait naturellement pas gober toutes ces accusations en silence, il a tout de même eu un argument justifiant sa présence dans la rébellion. 

« Je peux justifier ma présence au RCD par la volonté d’apporter le changement dans le pays. Je ne suis pas aussi seul à avoir été dans un groupe armé », dit-il avant d’affirmer :

« Ma participation à la rébellion du M23, ne m’a servi que comme consultant pendant les négociations politiques. Mon Diplôme en criminologie m’a permis la maîtrise de la cartographie des groupes armés, ainsi que mon expérience dans plusieurs initiatives de paix dans l’Est de la RDC », reconnaît-il.

Dans les réseaux sociaux, certains de ses proches sont montés au créneau pour le défendre de toute accusation, bien que lui-même n’a pas voulu trahir sa conscience.

Gel Boumbe

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