Siège de la CENI

Pour la future présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le jour-j, c’est demain mardi 27 juillet. Commencée ce lundi, les travaux des experts des confessions religieuses chargée du toilettage de la liste des candidats au poste du futur Président de la CENI, doivent en principe s’achever ce mardi, avec la désignation de l’un ou des deux candidats à présenter à la plénière des chefs des confessions religieuses, qui devront en définitive, choisir l’heureux élu, qui devra présider au prochain cycle électoral.

CENI : la bataille pour la présidence, c’est demain

Une pré-liste des candidats à la présidence qui circule sur les réseaux sociaux depuis la fin de la semaine dernière, présente le tableau ci-après: 1. Denis Kadima, candidat de l’Eglise kimbanguiste; 2. Sylvain Lumu, pour la confession musulmane; 3.Madjaliwa Shabani, autre candidat musulman; 4. Roger Bimwala, pour les salutistes; 5. Cyril Ebotoko, sponsorisé par l’Eglise catholique; 6. Daniel Kawata, présenté par l’Eglise protestante; 7. Ronsard Malonda, toujours par les catholiques; 8. Paul Nsapu, joker lui, des Églises indépendantes.

En fait, cette liste, présentée comme inodore et incolore, puisqu’émanant de la société civile, dans sa sous-composante confessions religieuses, n’est qu’un trompe-l’œil, derrière lequel se trouvent embusqués des camps politiques qui en coulisses, sont en passe de se battre bec et ongles pour arracher le poste convoité, même sous couvert de la société civile.

Veillée d’armes

Le pouvoir en place, les forces de l’opposition, y compris les partenaires étrangers des uns et des autres, restent activement mobilisés pour cette bataille cruciale, dont la finalité sera la conservation ou la perte du pouvoir pour les uns, et la prise du même pouvoir pour les autres à l’échéance 2023.

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Pour mesurer la hauteur des enjeux en place, il n’ya qu’à parcourir les réseaux sociaux, les médias et les débats en cours sur les chaînes de télévision ces derniers jours. Par plumes ou par bouches interposées, les différents candidats et camps politiques s’écharpent les uns et les autres, vantant au passage les mérites de leurs champions respectifs, et brocardant leurs adversaires, et tout cela, avec le soutien logistique de leur sponsor politique tapis dans l’ombre.

En interne, au sein même des confessions religieuses, ce n’est pas le grand amour non plus. Au sein de l’Eglise musulmane par exemple, la faction de l’Imam Youssouf qui se dit la seule légitime, conteste les deux candidats adoubés par la Commission des experts, les accusant d’être des hommes-liges de l’ancien président Cheikh Abdallah Mangala, et pointe un doigt accusateur sur l’abbé Donatien N’shole, qui serait à la base de ce tripatouillage.

Soupçons justifiés?

Certains observateurs regardent aussi avec suspicion le choix de Denis Kadima par les kimbanguistes, que l’on soupçonne d’être un sous-marin du régime en place. Dans certains salons, il se raconte que l’Eglise de Nkamba, qui avait un Musée à terminer, aurait accepté à bras raccourci l’offre du pouvoir en place, de porter à bout de bras cette candidature, sous prétexte qu’après les épisodes catholique (2006-2011), et protestante (2011-2018), il était temps que les kimbanguistes fassent valoir leurs droits à la présidence de la CENI.

Au sein de la sous-composante confessions religieuses, ce qui est sûr et certain, est que personne ne sait au juste qui roule pour qui, et ce qui est encore plus inquiétant, qui veut rouler qui, et pour quelle finalité. Et à l’allure où vont les choses, il y a lieu de s’attendre à des larmes et à des grincements de dents pour un camp ou un autre. Lire aussi:CENI : Les confessions religieuses dénoncent les pressions, intimidations et menaces auxquelles elles sont soumises