Idriss Déby Itno, maréchal du Tchad est décédé ce mardi 20 avril. L’annonce a été faite par le général Azem Barmandoa Agouna porte-parole de l’armée Tchadienne, dans un communiqué lu à la télévision nationale.
Le président Tchadien est mort des suites des blessures graves reçues alors qu’il visitait des troupes au front qui combattaient des rebelles au Nord du pays :
« Le président de la République, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple Tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du Maréchal du Tchad », a-t-il fait savoir à la nation Tchadienne.
La mort du Maréchal Déby intervient après sa réélection à la tête de son pays. En effet, Idriss Déby était au pouvoir depuis plus de 30 ans. Après la mort du président Déby, un conseil militaire a été mis à la tête du pays
Un conseil militaire de transition à la tête du pays
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Sur le plan politique, c’est le fils d’Idriss Deby, Mahamat Idriss Déby Itno, un officier de l’armée tchadienne, qui était jusqu’à ce matin, le chef de la DGSSIE, la direction Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État, plus connue des Tchadiens sous le nom de Garde présidentielle, qui prend la tête du conseil militaire. Ce conseil militaire s’est rapidement réuni pour promulguer la charte de transition.
Selon le chef rebelle Mahamat Mahadi Ali, Idriss Déby était allé au combat dimanche et lundi. Des combats qui ont eu lieu près de Nokou dans le Kanem, une région située au centre ouest du pays. C’est là que le président tchadien aurait été blessé dimanche sur le champ de bataille. Le chef des Fact affirme avoir vu un hélicoptère se poser en plein milieu du combat, et évacuer le chef de guerre Tchadien.
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L’hélicoptère aurait ensuite volé jusqu’à Ndjamena à 400 de kilomètres, pour soigner le chef de l’État. Les chars auraient été alors immédiatement déployés autour du palais présidentiel. Idriss Déby devait s’adresser à la population lundi soir place de la nation, mais il n’est pas venu.
Ndjamena sous cloche
Sur place dans la capitale tchadienne, selon la correspondante de RFI, Aurélie Bazzara Kibangula, Ndjamena vit pour l’instant un peu sous-cloche : « en ville c’est deux ambiances, il y a les Ndjamenois l’oreille tendue en permanence à la radio nationale pour écouter les dernières informations, les communiqués sont lus par le porte-parole des armées et il y a les autres qui font le plein d’essence ou des provisions alimentaires. Une vendeuse de fruits au marché me disait qu’elle était en train de plier bagage pour retrouver sa famille au cas où la ville se fige, nous dit-elle.
Et à l’inverse, il y a certains passants qui ne sont pas encore au courant de la nouvelle et s’étonnent un peu de cette agitation, se demandant ce qu’il se passe. Il faut dire que des rumeurs circulaient depuis hier en ville, disant que le président était blessé lors des combats contre les rebelles du Fact, qu’il avait été rapatrié d’urgence à Ndjamena pour se faire soigner, mais ce n’était que des rumeurs difficiles à confirmer. D’autant plus que Ndjamena hier soir vivait au rythme de la soirée électorale et des tirs de joie après l’annonce de la victoire du président au premier tour de l’élection présidentielle. »
Idriss Déby était à Brazzaville pour l’investiture de Denis Sassou Nguesso, le vendredi 16 avril dernier. Il est le deuxième chef d’Etat africain qui meurt en ce début d’année 2021, après le tanzanien Joseph Pombe Magufuli
Azarias Mokonzi