Vital Kamerhe

Le procès en appel de Vital Kamerhe, l’ancien Directeur de cabinet du Président Félix Tshisekedi, débute ce lundi 15 février à Kinshasa. Ce samedi, de nombreux cultes d’actions de grâce ont été organisés à travers le pays par ses partisans pour intercéder pour sa libération.

A Kinshasa précisément, cadres et militants de son parti l’UNC, parmi lesquels son épouse Hamida Shatur et sa mère, ont participé à un culte dans la Cathédrale Notre-Dame de Lingwala.

Les membres de l’UNC à la cathédrale Notre Dame du Congo

A l’occasion, le Secrétaire général du parti Aimé Boji Sangara, a invité la justice congolaise « à dire la vérité », et d’acquitter le Président de l’UNC et partenaire de l’UDPS dans la coalition Cash.

Vital Kamerhe, un prisonnier qui donne des insomnies à ses geôliers

Il faut reconnaître que pour Vital Kamerhe, la situation a positivement évolué depuis sa condamnation en première instance le 25 juin 2020 à 20 ans de réclusion criminelle, pour détournement présumé de 55 millions USD, dans le cadre du programme des 100 jours du Président Félix Tshisekedi.

D’abord, le fait que dans ce programme qui a coûté plus de 460 millions USD, il n’est poursuivi que pour 55 millions USD, alors que le reste du montant s’est pratiquement volatilisé dans la nature. Ensuite, la plupart de ses co-condamnés dans le même cadre, ont pratiquement tous bénéficié des libertés provisoires, et se promènent librement dans la ville. Par ailleurs, il a été prouvé à postériori, que la quasi-totalité des commandes des maisons préfabriquées importées de Turquie, ont été livrées et continuent de pourrir dans les ports de la sous-région, faute d’avoir été dédouanées. Autant d’éléments nouveaux qui plaident pour un acquittement en sa faveur, selon ses partisans.

Plateforme soutenons Vital Kamerhe
Plateforme Soutenons Vital Kamerhe

Mais Vital Kamerhe est plus que ça. Partenaire à part entière de Félix Tshisekedi et de son parti UDPS du fait des accords de Nairobi, celui qu’on appelle à Kinshasa « faiseur des Rois », est pratiquement l’architecte de l’Accord FCC-CACH, de triste ou heureuse mémoire. Et c’est dans une cellule de prison au Centre pénitencier de Makala, qu’il a assisté à la démolition de son œuvre, une démolition à laquelle son parti l’UNC, a assisté lui aussi, en simple spectateur presque impuissant.

Objectif Primature?

Pire, c’est toujours en prison qu’il a appris sa propre défenestration de son poste de Directeur du Cabinet du Chef de l’Etat. Mais le fait nouveau, est qu’aujourd’hui, les circonstances semblent réunies pour un retour des deux partenaires au fameux Pacte de Nairobi, qui prévoyait la Présidence de la République à Félix Tshisekedi, et le poste de Premier ministre à Kamerhe.

En effet, la mort clinique de la coalition FCC-CACH, et le basculement des deux Chambres du Parlement dans l’Union sacrée, laisse théoriquement les mains libres à Félix Tshisekedi de Gouverner avec son partenaire de l’UNC.

Mais ce partenaire est aujourd’hui en prison, pour des motifs qui ne tiennent plus débout, dans un procès qui apparaît au fil des jours comme plus un règlement politique, qu’une infraction juridique.

Amida Shatur Kamerhe (D) et la mère de Vital, Kamerhe à la cathédrale Notre Dame du Congo à Kinshasa

De passage vendredi sur le plateau de l’émission « Fauteuil blanc » de Jean-Marie Kassamba sur Télé 50, le ministre UNC de la Communication et Médias Jolino Makelele, a catégoriquement refusé de reconnaître une quelconque responsabilité du Président Félix Tshisekedi dans le malheur de son Président, mais les observateurs n’ont pas été dupes, surtout quand il a dit qu’à sa connaissance, l’Accord de Nairobi reste d’application.

Dans les cercles politiques fermés de Kinshasa, le nom de Vital Kamerhe revient souvent comme possible futur Premier ministre. Mais on s’empresse de préciser aussitôt, que son éventuelle nomination ne plairait pas beaucoup à Félix Tshisekedi, qui craint une attitude revancharde et vengeresse à son égard, une fois investi à ce poste.

C’est peut-être ce qui expliquerait le forcing actuel du Président Félix Tshisekedi pour enrôler à ce poste Moïse Katumbi, un autre ressortissant de l’Est du pays, alors que l’autre challenger à ce même poste, l’informateur Modeste Bahati Lukwebo, est jugé trop FCC, et donc plus dangereux, pour être confirmé Formateur du futur Gouvernement.

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