Deux ans après sa prise de pouvoir à la surprise générale, on est loin, alors très loin des 80 milliards USD de budget annuel promis par le Président de la République Félix Tshisekedi, lors de sa campagne électorale.
Mieux, le budget 2020, fixé contre toute vraisemblance à 11 milliards USD par le nouveau Chef de l’Etat, a fondu comme neige au soleil, au contact de la réalité économique, pour se réduire après un collectif budgétaire adopté tardivement au Parlement, à moins de 4 malheureux milliards de dollars. Lire aussi: Sylvestre Ilunkamba a déposé le projet de budget 2021 à l’Assemblée nationale
Certains diront que le covid-19 est passé par là. Mais cela est loin d’expliquer la véritable cause de cette plongée dans l’abîme des finances congolaises.
Dès le départ, les nouveaux Conseillers du nouveau Prince régnant, tout fraîchement débarqués des pavés de Bruxelles, de Londres ou de Zurich(eh oui), et qui apparemment ne savaient de l’économie et des Finances que les indemnités sociales que leur octroyaient la générosité des gouvernements de leurs pays d’exil, avaient investis les médias pour annoncer à la face du monde que l’argent du pays, était détournés des années durant par des caciques du régime sortant, et qu’il suffisait pour eux de fermer les robinets, pour que les milliards se mettent à couler comme d’un tuyau alimenté de la Regideso.
Vers un défaut de paiement?
Alors que l’opinion s’attendait à voir couler le miel, c’est plutôt sur les maigres réserves de change du pays que se sont rués les nouveaux tenants du pouvoir, sous prétexte d’un Programme des 100 jours, qui au final, s’est révélé plutôt être le plus grand hold-up du siècle en matière de braquage des Finances publiques.
Près de 500 millions USD envolés dans la nature, avec comme unique trace, des monceaux de béton agglutinés sur les routes à grande circulation de la ville, et qui ont encore empiré les difficultés de déplacements dans la ville, déjà cauchemardesque auparavant.
Le seul bénéficiaire de ces monstres inachevés est peut-être son concepteur lui-même, le Président de la République, qui s’en est tiré avec un surnom significatif: Fatshi-béton. Mais la caisse de l’Etat elle, en est sortie avec un coma financier, passant de 1,4milliards de réserves de change en décembre 2018, à environ 500 millions de dollars à ce jour.
Complaisants envers le nouveau pouvoir, les organismes internationaux comme la Banque mondiale, le Fmi ou la Bad, ont tenté de mettre le pays sous perfusion, et le G8 est opportunément venu au secours de l’agonisante Rdc, avec une suspension de sa dette extérieure. Mais pour combien de temps?
Entre-temps, face aux dures réalités de gestion d’un pays déjà sous assistance respiratoire, le Gouvernement semble avoir remis les pieds sur terre, en proposant un modeste 5 milliards USD comme budget pour l’exercice 2021.