Merry Djo, le batteur de génie de Zaiko n’est plus !

« Machine ya Kauka », comme l’avaient surnommé ses copains de Zaiko, alors qu’au cours d’un voyage en train vers le Bas-Congo, il avait inventé le rythme de Cavacha et du Soukous, qui constitue de nos jours la base rythmique de la musique congolaise moderne, de la Rumba au Ndombolo, et africaine, a quitté discrètement la terre des hommes.

Loin de son Congo natal, c’est en terre belge que Jean-Marie Belobi Ng’ekerme, dit « Merry Djo », a rendu l’âme, au CHU de liège, où il était interné, après de longs mois de lutte contre la maladie.

En ces temps de crise due à la pandémie de la Covid-19, plusieurs légendes de la musique africaine sont parties sans que les mélomanes n’aient l’occasion de leur rendre un dernier hommage. On se souviendra de l’immense Manu Dibangu, emporté aux premières heures de l’épidémie du coronavirus, et il y a quelques jours, un chorégraphe talentueux, Mbuta Muntu Radja Kula, l’homme aux 6600 phases de danse, est aussi parti quasi dans l’anonymat.

Un drummer de génie

Aujourd’hui le clan Zaiko Langa Langa et toute la RDC pleurent un grand artiste, drummer, guitariste et compositeur de talent. Merry Djo, qui avait inventé le rythme du drum qui imitait le bruit des roues du train sur les rails, lors d’un voyage de Zaiko au Bas-Congo, quitte la scène et laisse la musique africaine riche d’un rythme dont les jeunes générations ne connaissent même pas l’origine.

Dans un message sur les réseaux sociaux, le patron de Zaiko Langa Langa, Jossart N’Yoka Longo écrit, à propos de cette disparition :

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« J’apprends avec une extrême tristesse la disparition de Jean-Marie Belobi Ng’ekerme dit Merry Djo, décès survenu ce jeudi 27 aout 2020 au CHU de Liège où il était hospitalisé depuis quelques mois. Merry Djo fut l’un des pionniers de l’Orchestre Zaïko Langa-Langa depuis la création du groupe en 1969. 

Jean-Marie Belobi Ng’ekerme est le père, le créateur, du cavacha (Machine Ya Kauka), cette cadence particulière au drum qui a façonné les contours de la rumba de l’orchestre Zaïko Langa-Langa et qui a influencé de nombreux drummer qui ont repris « Son » style. L’apport de Merry Djo dans la rumba congolaise et dans l’orchestre Zaïko Langa-Langa considéré comme la 3ème école de la rumba congolaise, est inestimable…

Sa disparition est une grande perte pour le monde de la musique et de la culture en général, en République Démocratique du Congo mais également dans le monde entier. Mes prières et mes pensées vont à l’endroit de son épouse et de ses enfants ainsi que tous ses proches à qui j’adresse mes condoléances les plus attristées.  Bravo l’artiste Meridjo. 

Jossart N’yoka Longo

L’artiste ne meurt jamais, il survit à travers son œuvre. Merry Djo est mort, vive Merry Djo !

Pascal AMISI