Willy Mbembe, un trompettiste hors pair

Kutima Wedi Dominique, alias « Willy Mbembe » est l’un des trompettistes les plus marquants de l’histoire de la République démocratique du Congo.

Né le 31 juillet 1931, le trompettiste Willy Mbembe est mort en 1972. Entre 1956 et 1957, ce trompettiste impétueux et débonnaire enregistre et se produit avec l’orchestre Ok Jazz où il intègre le Label Loningisa de Papadimitrou. En plein milieu de 1957, Willy Mbembe rejoint le Label Esengo de Dino Antoniopulos et évolue au sein de l’orchestre African Jazz de Kallé Jeff.

Mais comme souvent, un vent tumultueux s’annonce au cours des années 1960-1961. Il cause la séparation de l’African Jazz, et Mbembe montre African Jazz aile Nico, qui regroupe notamment Rochereau, Déchaux, Joseph Mwema, etc.

La grande réconciliation

En 1962, il y a eu une réconciliation qui réinstalle Willy Mbembe à la trompette au sein d’African Jazz ressoudé. On y retrouve ainsi, outre le Grand Kallé Jeff, de vieux camarades tels Dr Nico, Roger Izeidi, Pascal Tabu Ley Rochereau, Déchaux, Joseph Mwema, Munanga Maproco, Kaya Dépuissant. Et, cerise sur le gâteau, l’immense Manu Dibango au piano et au saxophone.

C’est le Grand orchestre African Jazz. Willy Mbembe joue superbement en soliste et duettiste trompettiste dans les œuvres comme : Bonbon sucré, Djumanando, Permission, etc.

Deuxième vague de séparation

En 1963, soit une année seulement, les musiciens démissionnaires en bloc d’African Jazz laissent Grand Kallé seul. Willy devient alors membre cofondateur de l’orchestre African Fiesta avec Dr Nico, Roger Izeidi, Rochereau Tabu, Mujos Mulamba, Déchaux Mwamba, etc. De 1963 à 1965, Willy Mbembe, fait souffler sa trompette au sein de cet ensemble qui secoue tout l’établissement musical des deux rives du fleuve Congo. D’innombrables ouvres, portent la marque de sa trompette : Rendez-vous chez là-bas, Na Cubana na vis-à-vis, Tremento Punto, etc.

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En 1966 au moment de la scission au détriment de Fiesta sukisa, il choisit Fiesta National d’où il se fait remarquer dans deux boléros : Joujou Zena et l’introduction de Maria Maria. En 1970 avec Willy Mbembe, l’autre impétueux vieux Biolo Batilangandi, qui jouait avec une trompette à quatre notes, sans oublier le virtuose Jean-Pierre Nzenze, alias Jean trompette, qui ont enregistré des tubes comme : Congolia, Riviera, Moussa, Tika na meka, etc.

Le plus jeune de l’orchestre à cette époque, le benjamin que l’on surnommait « Muana fioti, Muana Matadi », Michelino Mavatiku. Il n’avait alors que 24 ans quand l’orchestre African Fiesta National le peuple était sur le chemin de l’Olympia de Bruno Coquatrix, à Paris.

Mbembe, mort comme il a vécu !

En 1970 African fiesta National devînt Afrisa International et Willy Mbembe est toujours là jusqu’à sa mort en 1972. Le malheur arrivera de la manière la plus inattendue, car c’est au sortir d’un concert et au crépuscule qu’un tragique accident de circulation emporte cet éminent artiste. Le drame est arrivé au croisement des avenues Kabinda et Bokasa, anciennes avenues Belgika et Bangala, actuelle avenue Luambo Makiadi.

Il faut noter que le galant trompettiste congolais Willy Mbembe avait été emprisonné arbitrairement de 1957 à 1959 pour viol sur une mineure belge de 17 ans. Un fait insolite, en 1959 Franco Luambo lui  aussi en prison pendant deux mois pour infraction au code de la route. A sa sortie, il compose le titre Mobembo ya Franco na Uélé (Prison).

Michelino Mavatiku Visi