25 soldats des FARDC jugés coupables de désertion et de vol pendant les combats contre les rebelles du M23 ont été condamnés à la peine capitale.
Le verdict prononcé mercredi 3 juillet par un tribunal militaire du Nord-Kivu clôt un procès expéditif tenu dans un contexte de tensions croissantes dans l’est du pays.
Les soldats étaient accusés d’avoir fui leurs positions, de vol, de désertion en présence de l’ennemi et de violation des ordres. Leur condamnation survient alors que l’armée congolaise lutte depuis plus de deux ans contre l’insurrection du M23, soutenue par le Rwanda, dans une région déjà en proie à la violence d’autres milices.
Arrêtés et jugés rapidement
L’arrestation des soldats et de leurs épouses civiles accusées de recel de biens volés a eu lieu mardi. Les accusés ont été traduits dès le lendemain devant le tribunal militaire de la garnison de Butembo.
Au terme du procès, un soldat a été condamné à 10 ans de prison pour vol, tandis que les quatre femmes et un autre soldat ont été innocentés.
Les 25 condamnés à mort, à l’exception d’un seul, ont plaidé non coupables. Leur avocat a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel.
Le retour de la peine de mort et une crise persistante
En mars dernier, la RDC a levé un moratoire sur la peine de mort en vigueur depuis 2003, invoquant la trahison et l’espionnage dans le contexte des conflits armés récurrents.
Cette décision et la condamnation des soldats à mort illustrent la gravité de la situation sécuritaire dans l’est du pays, où l’armée congolaise, sous-équipée et fragilisée, peine à contenir les offensives des rebelles du M23.
Selon les Nations Unies, près de 2,8 millions de personnes ont été déplacées dans la province du Nord-Kivu en raison des combats.
Les rebelles du M23 ont quant à eux gagné du terrain ces dernières semaines, s’emparant de vastes territoires dans cette région riche en minerais et de plusieurs villes stratégiques, menaçant ainsi des centres commerciaux importants.
La situation dans l’est de la RDC demeure volatile et préoccupe la communauté internationale, qui appelle à un dialogue et à une désescalade rapide pour mettre fin aux violences et aux souffrances des populations civiles. Lire aussi : RDC : Combats acharnés à Kaseghe, des accusations de pillages ternissent l’image des FARDC – Infocongo