Le tribunal militaire de Kinshasa a tranché : les prévenus accusés de « tentative de coup d’État » le 19 mai dernier resteront en détention provisoire. La demande de liberté provisoire formulée par la défense a été rejetée mardi 25 juin 2024.
Risque de fuite et absence de preuves
Le tribunal a justifié sa décision par deux motifs principaux :
Risque de fuite des prévenus : le tribunal craint qu’en cas de libération, les accusés ne se soustraient à la justice.
Absence de preuves suffisantes de torture et de maladie : les allégations de torture et de conditions de détention précaires formulées par la défense n’ont pas été étayées par des preuves suffisantes.
Le procès entre dans le vif du sujet
Après avoir réglé les questions de forme, le tribunal militaire de Kinshasa s’apprête à passer sur le fond du dossier. Dès lundi prochain, 1er juillet 2024, débutera l’instruction des charges retenues contre les accusés.
Compétence du tribunal militaire confirmée
Le tribunal a également confirmé sa compétence pour juger les prévenus, même s’ils sont civils. En effet, les accusations portées contre eux, notamment « terrorisme, attentat et tentative d’assassinat », relèvent de la justice militaire selon le code judiciaire militaire. Le tribunal a rappelé le précédent du pasteur Kutinho Fernando, jugé par une juridiction militaire pour des faits similaires alors qu’il était civil.
Un PV écarté, la défense mitigée
Parmi les éléments de preuve présentés, seul le procès-verbal de l’audition de l’expert militaire belge Jean-Jacques Wondo par l’Agence nationale des renseignements (ANR) a été rejeté par le tribunal. La défense de M. Wondo a accueilli cette décision avec des sentiments mitigés.
Si les avocats saluent le fait que seul leur PV ait été écarté, ils regrettent néanmoins l’absence de mention substantielle dans les autres procès-verbaux de l’ANR concernant leur client.
Vers un procès de longue haleine ?
L’ouverture de l’instruction du fond marque une nouvelle étape importante dans ce procès sensible. La complexité du dossier et les enjeux politiques qu’il soulève laissent présager un procès long et ardu.
Les regards sont désormais tournés vers le tribunal militaire de Kinshasa, qui devra faire la lumière sur les événements du 19 mai et établir la culpabilité ou non des accusés. Lire aussi : Le procès de la « tentative de coup d’État » du 19 mai s’ouvre à Kinshasa avec des interprètes dépassés – Infocongo