Après Kinshasa, voici le tour du chef-lieu du Nord-Kivu, où dans le cadre de la réalisation du Programme des 100 jours du président Félix Tshisekedi, deux opérateurs économiques de Goma ont arrêtés pour « détournement » des fonds.
En effet, le directeur général de la société congolaise de Construction (SOCOC), Modeste Makabuza, et le membre du conseil d’administration de l’association des agriculteurs et éleveurs du Nord-Kivu (ACOGENOKI), Emmanuel Kamanzi, ont été arrêtés lundi 13 avril par le parquet général près la cour d’appel de Goma.
L’opération a démarré tôt le matin, et c’est aux environs de 8 heures locales de Goma (6h TU) que le directeur général de SOCOC est arrivé à la Cour d’appel de Goma, accompagné de Vanny Bishweka, un autre grand opérateur économique de la ville.
Après quelques heures d’audition, Modeste Makabuza n’a pas été autorisé à quitter la cour d’appel. L’ordre est donné à la police de l’arrêter. Modeste Makabuza est embarqué, manu militari, dans une jeep de la police avant d’être conduit à la prison centrale de Munzenze.
Enquête diligentée à partir de Kinshasa
Les sources du parquet précisent que Makabuza a été auditionné sur base d’une commission rogatoire, avec de questions précises envoyées par le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa/ Gombe.
Les mêmes sources soulignent que l’inculpé serait impliqué dans une affaire de détournement de plusieurs millions de dollars américains, destinés à la réhabilitation de quelques axes routiers dans la province ainsi que dans la ville de Goma. Son arrestation serait liée à l’affaire qui oppose actuellement le directeur général du Fonds d’entretien routier (FONER) au procureur général près la cour d’appel de Kinshasa/Gombe.
Par contre, peu d’informations ont filtré sur le dossier Emmanuel Kamanzi. A la tête d’une grande coopérative d’élevage, il aurait trempé dans le détournement des fonds du programme présidentiel de 100 jours, destinés à l’amélioration du secteur agricole.
La nouvelle de l’arrestation de ces deux opérateurs de Goma a suscité un tôlé de réactions dans la ville. Certains observateurs pensent que l’arrestation des personnes considérées comme intouchables marque « le début de l’instauration d’un Etat de droit, mais aussi de la restauration de la justice congolaise longtemps réputée comme la plus corrompue en Afrique ».
Infocongo.net/Radio Okapi.net